Chauffage électrique : ce sont vos radiateurs qui décident de la pompe à chaleur
En deux phrases. Si vos radiateurs sont électriques, votre logement n'a pas de circuit d'eau chaude, et la pompe à chaleur dont tout le monde parle ne s'installe pas chez vous sans refaire toute la plomberie. Celle qui vous correspond, la PAC air/air, fait gagner environ 40 % de votre consommation et rafraîchit l'été, sur un parc qui n'a jamais été conçu pour la chaleur.
Allez toucher un radiateur, chez vous, à froid.
S'il est lourd, avec une arrivée d'eau et un petit robinet à sa base, votre logement a un circuit d'eau chaude. S'il est léger, fixé au mur, branché sur une simple prise ou un fil électrique, il n'en a pas.
Ce geste de dix secondes décide de tout ce qui suit. Et pratiquement personne ne vous demande de le faire avant de vous proposer une pompe à chaleur.
Deux familles de logements, et pas la même solution
Une pompe à chaleur air/eau est un générateur de chaleur. Elle chauffe de l'eau, qu'il faut ensuite distribuer dans le logement. Sans radiateurs hydrauliques ni plancher chauffant, elle n'a rien pour envoyer sa chaleur.
Une pompe à chaleur air/air souffle directement de l'air chaud dans les pièces. Elle n'a besoin d'aucun circuit d'eau.
Sur les diagnostics français, la coupure est nette :
| Votre logement | Part du parc |
|---|---|
| a un circuit d'eau chaude (radiateurs à eau, plancher chauffant) | 58,6 % |
| n'en a pas (convecteurs, panneaux rayonnants, poêle) | 41,4 % |
Autrement dit, quatre logements sur dix ne peuvent pas recevoir simplement la pompe à chaleur la plus connue. Y installer une air/eau suppose de poser en plus tout le réseau de distribution, ce qui ajoute environ 6 000 € au chantier.
Les professionnels qui font des audits énergétiques le savent parfaitement, et leurs préconisations le montrent :
| Ce qu'ils préconisent | Logements avec circuit d'eau | Logements sans |
|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 83,7 % | 15,1 % |
| Pompe à chaleur air/air | 7,0 % | 74,2 % |
Le choix n'est pas une question de goût ni de budget. C'est une question de plomberie, et elle se tranche en regardant un radiateur.
Combien fait-on gagner avec une PAC air/air ?
Un convecteur électrique transforme un kilowattheure d'électricité en un kilowattheure de chaleur. Il ne peut pas faire mieux, c'est sa limite physique.
Une pompe à chaleur air/air va chercher des calories dans l'air extérieur, même froid. Avec la même électricité, elle produit environ trois fois plus de chaleur.
Comme le chauffage représente à lui seul 64,8 % de la consommation d'un logement chauffé à l'électricité, diviser ce poste par trois change beaucoup de choses sur le total :
| Sur l'ensemble du parc concerné | Gain sur votre consommation totale |
|---|---|
| Un quart des logements gagnent moins de | 34,6 % |
| La moitié gagnent plus de | 43,5 % |
| Un quart des logements gagnent plus de | 50,5 % |
En déduisant le rafraîchissement que l'appareil ajoutera l'été, la valeur médiane retombe à 41,5 %. C'est pourquoi nous disons « environ 40 % » et non « la moitié » : le chiffre rond flatteur ne résiste pas à la mesure.
Et le gain est d'autant plus fort que votre diagnostic est mauvais :
| Votre classe actuelle | Gain médian |
|---|---|
| C | 35,4 % |
| D | 45,1 % |
| E | 49,5 % |
| F | 53,6 % |
| G | 56,8 % |
Un logement classé G chauffé à l'électricité perd donc plus de la moitié de sa consommation avec ce seul geste.
Et l'été, ça change quelque chose ?
Oui, et c'est le deuxième argument, celui dont personne ne parle.
Le diagnostic de performance énergétique contient un indicateur de confort d'été, coté insuffisant, moyen ou bon. Il décrit la capacité de votre logement à rester supportable pendant une canicule, sans climatisation.
Sur 10,3 millions de logements, 40,2 % sont classés « insuffisant ». Soit 4,14 millions de foyers.
Et la géographie surprend :
| Les moins bien armés | Insuffisant | Les mieux armés | Insuffisant |
|---|---|---|---|
| Paris | 59,8 % | Haute-Garonne | 26,2 % |
| Côtes-d'Armor | 57,5 % | Alpes-Maritimes | 27,6 % |
| Nord | 55,4 % | Rhône | 30,0 % |
| Finistère | 51,9 % | Pyrénées-Orientales | 31,3 % |
Paris est le département le plus mal classé de France pour le confort d'été. Les Alpes-Maritimes et les Pyrénées-Orientales sont parmi les mieux classés.
L'explication n'est pas climatique, elle est architecturale. On a bâti dans le Midi avec des volets, des persiennes et des murs épais, parce qu'on y a toujours eu chaud. Le bâti du Nord, de la Bretagne et l'haussmannien parisien n'ont jamais eu à s'en préoccuper. L'âge y ajoute sa part : 56,7 % des logements d'avant 1948 sont classés insuffisants, contre 17,5 % de ceux construits depuis 2013.
Or la chaleur, elle, monte vers le nord.
Une PAC air/air est réversible : le même appareil qui vous chauffe l'hiver rafraîchit l'été. Sur les 2,24 millions de logements qui cumulent l'absence de circuit d'eau et un confort d'été insuffisant, elle répond donc à deux problèmes avec un seul chantier.
Détail qui compte : c'est justement dans ces logements-là que le gain de chauffage est le plus élevé, 47,1 % contre 39,9 % pour ceux dont le confort d'été est correct. Les deux arguments désignent les mêmes maisons.
Est-ce que la climatisation va dégrader mon DPE ?
C'est la crainte la plus fréquente, et la mesure y répond.
Sur un million de logements équipés d'un système de refroidissement, la consommation de froid comptée par le diagnostic est de 211 kWh par an en valeur médiane, pour une consommation totale de 11 022 kWh. Soit 2,12 %.
Deux pour cent d'un côté, quarante de l'autre. La réversibilité ne coûte pratiquement rien au bilan.
Ce que nous ne vous promettons pas
Nous ne vous promettons aucun changement de lettre. Les seuils du diagnostic sont modulés par la région et l'altitude, et un gain de 40 % sur la consommation ne se convertit pas mécaniquement en classes gagnées. Qui vous annonce un « passage de G à D » sans avoir refait le calcul complet vous vend une espérance, pas un résultat.
Nous ne vous promettons pas non plus une facture. Les chiffres ci-dessus portent sur la consommation conventionnelle du diagnostic, calculée pour un usage standard. Votre facture dépend de vos habitudes et du prix de l'électricité.
Enfin, le coefficient de performance retenu, 3,0 en métropole continentale et 3,3 sur le pourtour méditerranéen, est une valeur d'équipement neuf correct. Un matériel bas de gamme ou mal posé rend moins.
Ce que nous avons cherché, et qui nous a contredits
Nous publions aussi ce qui ne marche pas, sinon ces chiffres ne valent rien.
Nous pensions que les professionnels préconisaient déjà la PAC air/air pour le confort d'été. C'est faux. En comparant leurs préconisations au confort d'été initial du logement, la PAC air/air arrive au taux le plus bas de la liste : 62,7 % de logements en confort insuffisant, contre 64,7 % pour l'air/eau. Deux points, dans le sens contraire à notre hypothèse. Ce n'est pas un reproche : on leur demande de traiter le chauffage, et c'est ce qu'ils font. Le confort d'été n'est simplement pas dans la question qui leur est posée.
Nous pensions pouvoir calculer ce qu'il faut faire pour passer d'insuffisant à bon. Impossible. Le diagnostic retient cinq caractéristiques du logement, mais elles le décrivent sans suffire à recalculer l'indicateur : sur 10,3 millions de diagnostics, la combinaison la plus fréquente donne les trois résultats possibles. Personne ne peut donc vous promettre un passage à « bon » contre un geste précis, et nous non plus.
Notre premier calcul du gain donnait 50 %. Il était faux. Les diagnostics établis entre 2021 et 2025 présentent une incohérence interne sur 7 à 9 % des dossiers, où le poste chauffage dépasse la consommation totale. Ceux établis depuis le 1er janvier 2026 n'en présentent aucune. Le calcul refait sur ce seul millésime donne 43,5 %, et 41,5 % en tenant compte du froid ajouté.
Comment ces chiffres sont établis
Ils viennent des deux bases publiques de l'ADEME, que nous tenons à jour chaque semaine : 17,4 millions de diagnostics en cours de validité et 883 452 audits énergétiques, avec le détail des données ayant servi au calcul.
Le périmètre exclut les appartements dont le diagnostic est déduit de celui de l'immeuble, où les données décrivent le bâtiment entier et non le logement. Les chiffres de confort d'été portent sur 10,3 millions de dossiers, ceux du gain énergétique sur les 665 881 diagnostics établis depuis janvier 2026 dans un logement chauffé à l'électricité sans circuit d'eau. Le marché total concerné, toutes années confondues, représente 4 883 292 logements.
Nous donnons des médianes et des quartiles, jamais des moyennes : sur des données de terrain, quelques dossiers extrêmes déplacent une moyenne et ne disent rien de votre cas.
Et pour votre logement
Pour savoir ce que votre propre diagnostic contient, et ce qu'il retient de votre chauffage et de vos radiateurs, ouvrez votre enquête à partir de votre adresse ou de votre numéro de DPE. C'est gratuit et sans compte.
Trois lectures pour la suite : le coefficient 2026, qui a reclassé une partie des logements chauffés à l'électricité sans le moindre chantier ; quels travaux pour gagner une classe, où le geste le moins cher est chiffré sur la base d'audit ; et vos aides à la rénovation, qui calcule MaPrimeRénov' et les certificats d'économie d'énergie sur votre situation réelle, barème et date à l'appui.
MonsieurDPE