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DPE classé G : interdictions, chiffres réels et coût de sortie

L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la France compte 545 200 logements diagnostiqués G, soit 3,2 % du parc étiqueté. Un logement G est interdit de location depuis le 1er janvier 2025. 62 % des G datent d'avant 1948, l'électricité est leur premier chauffage (42,6 %), et 181 444 d'entre eux passeront F au 1er janvier 2026 grâce au nouveau coefficient de l'électricité. D'après les audits réglementaires, amener un G en classe B coûte 45 742 euros en médiane.

La classe G est le dernier barreau de l'échelle du diagnostic de performance énergétique : plus de 420 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an, ou plus de 100 kg de CO2 équivalent. C'est la classe la plus lourde de conséquences juridiques, et la plus concernée par les réformes en cours. Voici ce que les données publiques permettent d'en dire précisément.

Combien de logements sont classés G en France ?

La base ADEME compte 545 200 DPE actifs classés G, soit 3,2 % des 16,8 millions de DPE étiquetés. C'est la classe la moins peuplée de l'échelle, mais celle qui concentre l'attention réglementaire. Contrairement aux idées reçues, le G n'est pas d'abord un phénomène d'appartements : on y trouve 288 255 maisons pour 245 295 appartements. La surface médiane d'un logement G est de 63,9 m², la plus petite de toutes les classes. Cette rareté relative ne doit pas tromper : le G concentre une part très disproportionnée de l'attention publique parce qu'il est la seule classe déjà frappée d'interdiction, et parce que chaque dossier engage directement le droit de louer. En volume, la question G est aussi une question de maisons anciennes, souvent en zone rurale, autant que de studios urbains.

Quel est le profil type d'un logement G ?

Trois caractéristiques dominent, mesurées sur l'ensemble des G :

  • un bâti ancien : 62 % des logements G ont été construits avant 1948, et 34 % entre 1948 et 1974. Le G est presque toujours un problème d'avant les premières réglementations thermiques ;
  • un chauffage électrique ou fioul : l'électricité chauffe 232 424 logements G (42,6 %), le fioul 136 252 (25,0 %), le gaz 117 666 (21,6 %), le bois en bûches 42 117 ;
  • une petite surface : studios et petits logements anciens, notamment urbains, sont surreprésentés.

La combinaison est parlante : un bâti d'avant les réglementations thermiques, des énergies soit chères à l'usage (électricité en convecteurs), soit fortement carbonées (fioul), et des surfaces où chaque usage pèse mécaniquement plus lourd au mètre carré. Le G n'est presque jamais un accident de calcul isolé : c'est l'accumulation de ces trois facteurs.

Qu'est-ce qui est interdit avec un DPE G ?

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location : il est réputé indécent au sens de la loi Climat et résilience. Le gel des loyers s'appliquait déjà depuis 2022. À la vente, un logement G impose un audit énergétique réglementaire depuis 2022, et l'affichage de l'étiquette dans toute annonce est obligatoire. Le G+ (consommation finale supérieure à 450 kWh/m²/an) était interdit de location dès 2023. La vente, elle, reste entièrement libre : rien n'interdit d'acheter ou de céder un logement G, et une partie du marché s'est précisément organisée autour de ces biens décotés destinés à la rénovation. Pour le propriétaire occupant, aucune obligation de travaux n'existe non plus : c'est bien la mise en location qui déclenche la sanction.

Le nouveau coefficient 2026 change-t-il la donne pour les G ?

Partiellement. Au 1er janvier 2026, le coefficient d'énergie primaire de l'électricité passe de 2,3 à 1,9. Sur les 661 668 logements G comparables de la base, 181 835 changent de classe, dont 181 444 passent en F : ils restent des passoires, mais sortent de l'interdiction de location. Un peu moins de 400 logements gagnent deux classes ou plus. Les G chauffés au fioul ou au gaz, eux, ne bougent pas. Le détail de la mesure est dans notre article DPE 2026 : 390 000 passoires reclassées sans travaux.

Combien coûte la sortie de la classe G ?

Les audits énergétiques réglementaires, obligatoires à la vente d'un logement G, chiffrent des scénarios de travaux complets. Sur les audits actifs de la base ADEME, partir de G coûte, en médiane :

  • 36 074 euros pour atteindre la classe C ;
  • 45 742 euros pour atteindre la classe B ;
  • 56 680 euros pour atteindre la classe A.

Ces montants sont des chiffrages d'auditeurs, pas des factures, et couvrent des bouquets complets (isolation, chauffage, ventilation). Notre analyse détaillée poste par poste est dans Rénovation énergétique : les vrais coûts, audit par audit. On notera que viser C plutôt que B économise environ 9 700 euros en médiane : pour un bailleur dont l'objectif est de relouer, la sortie du statut de passoire n'exige pas la rénovation maximale, même si les scénarios d'audit privilégient massivement les objectifs A et B.

Votre logement est-il vraiment un G ?

Une part des étiquettes G repose sur des valeurs par défaut : sur l'ensemble de la base, 39,4 % des murs décrits sont caractérisés forfaitairement, sans mesure ni justificatif, et la convention retient alors l'hypothèse défavorable. Une facture d'isolation retrouvée ou une épaisseur mesurée peut faire remonter le calcul, parfois d'une classe. C'est ce que l'enquête MonsieurDPE vérifie gratuitement dans le dossier de calcul de votre DPE, à partir de son numéro ou de votre adresse. Pour un bailleur dont le bien est bloqué à la location depuis 2025, cette vérification documentaire est le recours le plus rapide et le moins coûteux qui existe : elle se mène avant tout devis, et peut soit ouvrir la voie à un DPE rectificatif qui change la donne, soit confirmer que les travaux sont réellement nécessaires.

Méthodologie et sources

Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).

Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.