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Nouveau DPE : ce qui a changé en 2021, 2024 et 2026

L'essentiel. Le DPE actuel date de juillet 2021 : méthode de calcul unique (3CL), fin des étiquettes vierges, opposabilité juridique. Deux corrections majeures ont suivi : en juillet 2024, l'ajustement des seuils pour les moins de 40 m² a reclassé 571 760 logements ; au 1er janvier 2026, le coefficient de l'électricité passe de 2,3 à 1,9 et 2,78 millions de logements gagnent une classe. À chaque étape, des étiquettes changent sans que les logements aient changé.

« Nouveau DPE » désigne selon les interlocuteurs la réforme de 2021, celle de 2024 ou celle qui arrive au 1er janvier 2026. Les trois méritent d'être distinguées, car elles ne changent pas la même chose. Voici la chronologie, avec ce que chacune a réellement déplacé, mesuré sur la base publique ADEME.

Juillet 2021 : le DPE devient opposable et entièrement calculé

La réforme fondatrice. Avant 2021, un DPE pouvait s'appuyer sur les factures de l'occupant, et un logement sans historique recevait une étiquette vierge. Depuis le 1er juillet 2021 :

  • une seule méthode de calcul, dite 3CL, fondée sur les caractéristiques physiques du logement (murs, fenêtres, chauffage, ventilation), jamais sur les factures ;
  • la double étiquette : énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre, la moins favorable des deux l'emporte (les seuils détaillés sont ici) ;
  • l'opposabilité : le DPE engage juridiquement, un acquéreur ou un locataire peut se retourner en cas d'erreur ;
  • la transmission obligatoire de chaque diagnostic à l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, qui rend les données publiques.

C'est cette réforme qui a fait du DPE l'instrument central de la loi Climat et résilience : gel des loyers des passoires (2022), interdiction de location des G (2025), des F (2028), des E (2034).

Juillet 2024 : la correction des petites surfaces

La méthode de 2021 surpénalisait les studios : l'eau chaude sanitaire, quasi incompressible, pèse mécaniquement plus lourd par mètre carré sur 20 m² que sur 100 m². Depuis le 1er juillet 2024, les seuils des étiquettes sont ajustés pour les logements de 40 m² ou moins. Notre mesure sur la base ADEME : 571 760 logements ont changé de classe à la faveur de cette correction, sans travaux. Les propriétaires concernés ont pu obtenir une attestation de nouvelle étiquette sans refaire de diagnostic. Cette réforme a créé un précédent important : elle a établi qu'une correction de méthode pouvait reclasser des logements en masse sans nouveau passage d'un diagnostiqueur, le dispositif que la bascule de 2026 reprend à plus grande échelle encore. Elle rappelle aussi une limite de l'exercice : les seuils sont des conventions, et une convention se corrige.

Janvier 2026 : le nouveau coefficient de l'électricité

La troisième vague est la plus massive. Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité passe de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Notre mesure sur 14,9 millions de DPE comparables : 2 780 861 logements gagnent au moins une classe, et 389 752 sortent du statut de passoire énergétique, à 90,8 % des logements chauffés à l'électricité. L'analyse complète, énergie par énergie et région par région, est dans notre article dédié : DPE 2026 : 390 000 passoires reclassées sans travaux. À la différence de 2021 et 2024, cette réforme ne touche ni la méthode de relevé ni les seuils : elle ne modifie qu'un paramètre de conversion, et ses effets sont donc entièrement calculables à l'avance sur les diagnostics déjà établis. C'est ce qui permet à chaque propriétaire de connaître sa classe de 2026 avant même l'entrée en vigueur du texte.

Ce que ces réformes disent de votre étiquette

Trois leçons pratiques :

  1. une étiquette a une date : un DPE de 2022 et un DPE de 2026 peuvent classer différemment le même logement, sans erreur de personne. Les DPE antérieurs à juillet 2021 ne sont d'ailleurs plus valables ;
  2. vérifiez avant d'engager des travaux : si votre logement est chauffé à l'électricité et classé E, F ou G, sa classe au 1er janvier 2026 est déjà connaissable dans les données publiques ;
  3. le calcul reste la clé : réforme ou pas, l'étiquette dépend des valeurs entrées dans le dossier de calcul, et 39,4 % des murs de la base sont caractérisés par des valeurs forfaitaires. L'enquête MonsieurDPE vérifie les deux, gratuitement.

Sources