Seuils du DPE : les valeurs limites de chaque classe en kWh
L'essentiel. Le DPE classe un logement selon deux échelles simultanées : l'énergie primaire (kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (kg CO2eq/m²/an). La classe retenue est la moins favorable des deux. Les seuils vont de 70 kWh et 6 kg pour rester en A, à 420 kWh et 100 kg au-delà desquels le logement est classé G. Depuis juillet 2024, les seuils sont modulés pour les logements de moins de 40 m².
Les valeurs limites du diagnostic de performance énergétique sont fixées par la réglementation, identiques pour toute la France métropolitaine. Les voici, avec la règle qui préside à leur lecture, la fameuse double étiquette.
Les valeurs limites des classes DPE
| Classe | Énergie primaire (kWh/m²/an) | Émissions (kg CO2eq/m²/an) |
|---|---|---|
| A | jusqu'à 70 | jusqu'à 6 |
| B | jusqu'à 110 | jusqu'à 11 |
| C | jusqu'à 180 | jusqu'à 30 |
| D | jusqu'à 250 | jusqu'à 50 |
| E | jusqu'à 330 | jusqu'à 70 |
| F | jusqu'à 420 | jusqu'à 100 |
| G | au-delà de 420 | au-delà de 100 |
Ces seuils s'appliquent à la consommation conventionnelle en énergie primaire des cinq usages (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage, auxiliaires), rapportée à la surface de référence du logement. Chaque borne se lit comme un « jusqu'à » inclus : un logement calculé exactement à 110 kWh et 11 kg est classé B, un kWh ou un kilogramme de plus le fait basculer en C. C'est cette lecture au seuil près qui donne autant d'importance aux valeurs retenues dans le dossier de calcul pour les logements proches d'une frontière de classe.
La règle de la double étiquette
Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE ne retient pas la meilleure des deux échelles mais la moins favorable. Un logement à 150 kWh/m²/an (niveau C en énergie) mais 35 kg CO2eq/m²/an (niveau D en émissions) est classé D. C'est ce qui pénalise les chauffages au fioul et au gaz, dont le contenu carbone est élevé, et ce qui explique qu'un logement électrique frugal en énergie finale puisse rester bien classé malgré le coefficient d'énergie primaire. La règle a une conséquence souvent découverte trop tard : améliorer la seule échelle qui n'est pas limitante ne change pas la classe. Avant de dimensionner des travaux, il faut donc identifier laquelle des deux échelles retient l'étiquette, car c'est elle, et elle seule, qu'il faut faire bouger.
kWh d'énergie primaire ou kWh de facture ?
Les seuils s'expriment en énergie primaire, pas en énergie facturée. Pour l'électricité, chaque kWh consommé compte aujourd'hui pour 2,3 kWh d'énergie primaire, et pour 1,9 à partir du 1er janvier 2026 : à consommation réelle identique, la valeur comparée aux seuils baisse, et 389 752 passoires changent de statut. Pour le gaz, le fioul ou le bois, le facteur est de 1 : kWh facturé et kWh primaire coïncident. La conséquence pratique mérite d'être explicitée : un logement électrique et un logement au gaz affichant la même consommation sur leur facture ne sont pas comparés aux seuils sur la même valeur, l'électrique étant pénalisé par la conversion mais avantagé par l'échelle carbone. C'est ce double mécanisme, conversion d'un côté, émissions de l'autre, qui rend le DPE si sensible à l'énergie de chauffage.
Les cas où les seuils sont modulés
Deux modulations existent et sont souvent ignorées :
- les petites surfaces : depuis le 1er juillet 2024, les seuils sont ajustés pour les logements dont la surface de référence est inférieure ou égale à 40 m², afin de corriger la surpénalisation de l'eau chaude sanitaire sur les studios. Cette réforme a reclassé 571 760 logements dans la base ADEME ;
- l'altitude et le climat : pour les logements situés au-dessus de 800 m d'altitude dans les zones climatiques les plus froides, les seuils des classes E, F et G sont relevés.
Deux logements identiques peuvent donc porter des étiquettes différentes selon leur surface ou leur localisation, sans qu'aucun des deux DPE ne soit faux.
À quelle classe correspond votre logement ?
Les seuils sont une chose, les valeurs entrées dans le calcul en sont une autre : c'est là que se joue réellement l'étiquette, notamment via les valeurs par défaut retenues quand une donnée n'est pas justifiée. Pour situer votre logement par rapport au parc réel, notre radiographie des 17,4 millions de DPE donne la distribution complète, et l'enquête MonsieurDPE rouvre le dossier de calcul de votre diagnostic. L'exercice est particulièrement utile pour les logements proches d'une frontière de classe : à quelques kWh d'un seuil, une seule valeur forfaitaire remplacée par une donnée justifiée peut suffire à changer la lettre, sans travaux.
Sources
- Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique (méthode 3CL-DPE 2021 et seuils)
- Arrêté du 13 août 2025 (coefficient d'énergie primaire de l'électricité au 1er janvier 2026)
- ADEME, observatoire DPE-Audit (géré par l'ADEME avec l'appui technique du CSTB), pour le chiffre des reclassements de juillet 2024, mesuré le 18 août 2026