DPE classé A : qui sont les logements les mieux notés ?
L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la France compte 809 576 logements diagnostiqués A, soit 4,8 % du parc étiqueté. Le A est un produit de la construction neuve : 92 % datent d'après 2013, et l'électricité en chauffe 85,7 %, pompes à chaleur en tête. Fait singulier, le A est la seule classe où les maisons dominent (56,5 %), et sa surface médiane (87,6 m²) est la plus grande de l'échelle.
La classe A couvre les logements consommant au plus 70 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an, et émettant au plus 6 kg de CO2 équivalent. C'est le sommet de l'échelle, et son profil est le plus homogène de toutes les classes.
Combien de logements sont classés A en France ?
809 576 DPE actifs sont classés A, soit 4,8 % des 16,8 millions de DPE étiquetés : la classe la plus rare avec le G. Contrairement à toutes les autres classes urbaines, les maisons y dominent : 457 497, contre 341 485 appartements. La surface médiane d'un logement A est de 87,6 m², la plus élevée de l'échelle : le A typique est une maison neuve, pas un studio. Cette rareté n'a rien d'une anomalie : les seuils de la classe, 70 kWh d'énergie primaire et 6 kg de CO2 par mètre carré et par an, sont calibrés sur les performances de la construction neuve récente, hors de portée de la quasi-totalité du bâti ancien sans une rénovation complète. Le A est ainsi moins une note qu'un marqueur générationnel du parc.
Quel est le profil type d'un logement A ?
- la construction neuve : 430 153 logements A datent d'après 2021 et 315 031 de 2013-2021, soit 92 % au total. Le A ancien existe (15 269 logements de 1948-1974) mais reste exceptionnel ;
- l'électricité en quasi-monopole : 693 740 logements A chauffés à l'électricité (85,7 %), portés par les pompes à chaleur des réglementations RE2020 et RT2012. Suivent les réseaux de chaleur (51 843), les granulés (15 482) et, très loin, le gaz (10 445), que la double étiquette carbone exclut presque du A ;
- une avance appelée à grossir : au 1er janvier 2026, 111 620 logements B passeront A grâce au nouveau coefficient de l'électricité.
Ce profil dessine en creux ce que le A n'est presque jamais : un logement ancien au gaz ou au fioul. La double étiquette y est pour beaucoup, puisque la classe retenue est la moins favorable des deux échelles, et l'échelle carbone ferme la porte du A aux énergies fossiles quelle que soit la qualité de l'isolation.
Le A des audits : l'objectif atteint plus souvent que prévu
Dans les audits énergétiques réglementaires, 434 746 scénarios principaux aboutissent en classe A, plus encore qu'en B. Amener un logement ancien jusqu'au A coûte, en médiane, de 26 074 euros depuis un C à 56 680 euros depuis un G (l'analyse complète des coûts). Ce résultat surprend souvent : la réglementation de l'audit demande de viser au moins la classe B, et les auditeurs constatent qu'une fois le bouquet complet installé, pompe à chaleur, isolation et ventilation, le logement dépasse fréquemment l'objectif assigné. Autrement dit, dans une rénovation performante menée à terme, le A n'est pas un luxe réservé au neuf : c'est souvent le point d'arrivée naturel du calcul.
Acheter ou vendre un logement A
Le A est hors de portée de tout le calendrier réglementaire, et l'écart de valeur avec le reste du parc, la valeur verte, joue à plein dans les annonces. La vérification utile à l'achat porte moins sur l'étiquette que sur le dossier de calcul qui la fonde, notamment pour les DPE de logements neufs issus d'études thermiques : l'enquête MonsieurDPE le contrôle gratuitement, à partir du numéro du DPE ou de l'adresse. Un DPE reste par ailleurs valable dix ans : un A établi à la livraison d'un programme neuf accompagnera donc le bien sur toute la durée d'une première détention, ce qui renforce l'intérêt de s'assurer, dès l'achat, que le dossier de calcul reflète bien le logement livré et non la version théorique du permis de construire.
Méthodologie et sources
Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).
Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.