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DPE classé B : le standard de la rénovation performante

L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la France compte 1 074 516 logements diagnostiqués B, soit 6,4 % du parc étiqueté. L'électricité est leur premier chauffage (52,1 %), la moitié date d'après 2013, et 111 620 logements B passeront A au 1er janvier 2026 grâce au nouveau coefficient de l'électricité. Le B est aussi l'objectif type des scénarios de rénovation performante : 38 % des audits réglementaires y aboutissent.

La classe B couvre les logements consommant entre 71 et 110 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an (ou entre 7 et 11 kg de CO2 équivalent). C'est la cible que la réglementation de l'audit énergétique assigne aux rénovations performantes, et le standard de fait de la construction des années 2010.

Combien de logements sont classés B en France ?

1 074 516 DPE actifs sont classés B, soit 6,4 % des 16,8 millions de DPE étiquetés. Les appartements dominent (766 120, soit 71 %), et la surface médiane d'un logement B est de 70,4 m². Le contraste avec la classe A, où les maisons sont majoritaires, est net : le B est d'abord une classe d'immeubles récents et de logements collectifs bien construits. Il reste pourtant plus rare qu'on ne l'imagine : moins d'un logement diagnostiqué sur quinze l'atteint, loin derrière les classes C et D qui forment le gros du parc.

Quel est le profil type d'un logement B ?

  • un logement récent, ou bien rénové : 49 % des B datent d'après 2013 (264 745 pour 2013-2021, 258 531 après 2021), mais 158 346 datent de 1948-1974 : la preuve mesurée qu'une rénovation du bâti des Trente Glorieuses peut atteindre B ;
  • un chauffage électrique ou urbain : électricité 560 076 (52,1 %), réseaux de chaleur 258 297 (24,0 %), gaz naturel 176 731 (16,4 %) seulement, car l'échelle carbone de la double étiquette rend le B difficile d'accès au gaz.

Ce double visage, construction récente d'un côté, bâti ancien rénové de l'autre, fait du B la classe la plus instructive pour qui prépare une rénovation : elle prouve, en volume, que l'objectif assigné aux rénovations performantes est effectivement atteint dans le parc réel, y compris sur des immeubles d'époque.

Le B, objectif officiel de la rénovation performante

Dans les audits énergétiques réglementaires, les scénarios de travaux doivent viser la classe B au moins, sauf contraintes techniques ou patrimoniales. Le résultat se lit dans la base : 296 583 scénarios principaux aboutissent en B (38,4 %) et 434 746 en A. Le coût médian pour y parvenir dépend surtout du point de départ : de 26 164 euros depuis un C à 45 742 euros depuis un G (l'analyse complète des coûts). Fait notable, une majorité de scénarios dépasse même l'objectif : le bouquet complet installé pour atteindre B, pompe à chaleur, isolation, ventilation, emmène souvent le logement jusqu'en A. Pour un propriétaire, la conséquence pratique est simple : viser B ou viser A relève moins d'un choix de budget que du même projet, mené à son terme.

Que change 2026 pour les B ?

Sur 767 627 logements comptés B avec le coefficient actuel, 111 620 passeront A au 1er janvier 2026 (14,5 %), essentiellement des logements électriques que le nouveau coefficient fait franchir le seuil des 70 kWh. Aucun B ne descend, la réforme ne faisant que baisser les consommations d'énergie primaire calculées. Pour un propriétaire de B électrique proche du seuil, l'attentisme est donc rationnel : attendre le 1er janvier 2026 peut offrir le passage en A sans le moindre chantier, avec à la clé un argument supplémentaire dans une annonce de vente ou de location. Les B au gaz ou en réseau de chaleur, eux, ne verront leur étiquette bouger qu'à la marge, la réforme ne touchant que la conversion de l'électricité.

Vendre ou louer un logement B

Aucune contrainte ne pèse sur le B, et l'étiquette est un argument : dans les annonces, elle signale un logement épargné par tout le calendrier de la loi Climat et résilience. Reste à vérifier que le B est solide : 39,4 % des murs de la base sont caractérisés par des valeurs forfaitaires, dans un sens comme dans l'autre. L'enquête MonsieurDPE contrôle gratuitement le dossier de calcul, à partir du numéro du DPE ou de l'adresse. Pour un acquéreur, la vérification a un intérêt symétrique : un B fondé sur des valeurs mesurées et justifiées vaut plus qu'un B obtenu par hypothèses favorables, car c'est le premier qui résistera à un éventuel nouveau diagnostic, le DPE restant valable dix ans mais opposable à tout moment.

Méthodologie et sources

Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).

Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.