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DPE classé F : échéance 2028, chiffres réels et coût de sortie

L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la France compte 958 675 logements diagnostiqués F, soit 5,7 % du parc étiqueté. Un logement F sera interdit de location au 1er janvier 2028. Le gaz est son premier chauffage (37,0 %) devant l'électricité (34,5 %), et 389 361 logements F changeront de classe au 1er janvier 2026 grâce au nouveau coefficient de l'électricité, dont 389 102 passeront E. D'après les audits réglementaires, amener un F en classe B coûte 44 847 euros en médiane.

La classe F couvre les logements consommant entre 331 et 420 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an (ou entre 71 et 100 kg de CO2 équivalent). Avec la classe G, elle forme la catégorie des passoires énergétiques de la loi Climat et résilience. C'est la classe où l'échéance de 2028 se joue, et celle que la réforme du coefficient de 2026 touche le plus massivement.

Combien de logements sont classés F en France ?

La base ADEME compte 958 675 DPE actifs classés F, soit 5,7 % des 16,8 millions de DPE étiquetés. La classe se partage presque également entre appartements (491 347) et maisons (441 701). La surface médiane d'un logement F est de 69,1 m². Cet équilibre entre collectif et individuel distingue le F de la classe G, où les maisons dominent : la passoire F est autant l'appartement ancien de centre-ville que le pavillon des Trente Glorieuses. Rapporté au parc, le F pèse près de deux fois plus que le G, ce qui fait de l'échéance de 2028 un enjeu de volume bien supérieur à celle de 2025.

Quel est le profil type d'un logement F ?

  • un bâti ancien : 52 % des logements F datent d'avant 1948, et 40 % de la période 1948-1974. Comme pour les G, la quasi-totalité du problème précède les premières réglementations thermiques ;
  • un chauffage au gaz ou à l'électricité : le gaz naturel chauffe 355 174 logements F (37,0 %), l'électricité 330 364 (34,5 %), le fioul 183 734 (19,2 %) ;
  • une position charnière : le F est souvent à quelques kWh du seuil de la classe E, ce qui rend son étiquette particulièrement sensible aux valeurs retenues dans le calcul.

Le poids du fioul mérite d'être souligné : bien plus présent ici que dans le parc général, il combine un bâti ancien et une énergie fortement carbonée, que la double étiquette du DPE pénalise sur les deux échelles à la fois.

Qu'est-ce qui attend les logements F ?

Un logement classé F peut encore être loué aujourd'hui, mais l'échéance est fixée : au 1er janvier 2028, les F seront interdits de location au titre de la décence énergétique, comme les G le sont depuis 2025. Dès aujourd'hui, un F subit le gel des loyers (depuis 2022), l'audit énergétique obligatoire à la vente (depuis 2023) et la mention de l'étiquette dans les annonces. L'interdiction ne visera que les nouveaux contrats et renouvellements : un bail en cours ne devient pas caduc du jour au lendemain, mais le logement ne pourra plus être reloué en l'état. Deux ans, c'est aussi, concrètement, le délai minimal pour monter et mener un chantier de rénovation d'ensemble en copropriété, votes d'assemblée générale compris : pour les F en immeuble collectif, l'échéance de 2028 se prépare dès maintenant.

Combien de F sortiront du statut de passoire en 2026 ?

C'est la classe la plus concernée par le changement de coefficient de l'électricité. Sur les 1 043 614 logements F comparables de la base, 389 361 changent de classe au 1er janvier 2026, dont 389 102 passent en E : la sortie de passoire proprement dite, qui lève l'échéance de 2028. Sans surprise, ces sortants sont massivement chauffés à l'électricité. Un propriétaire de F électrique a donc intérêt à vérifier sa nouvelle classe avant d'engager des travaux en urgence : la mesure complète est dans notre article DPE 2026 : 390 000 passoires reclassées sans travaux.

Combien coûte la sortie de la classe F ?

D'après les audits énergétiques réglementaires de la base ADEME, partir de F coûte, en médiane :

  • 36 200 euros pour atteindre la classe C ;
  • 44 847 euros pour atteindre la classe B ;
  • 55 806 euros pour atteindre la classe A.

Fait notable : ces montants sont quasi identiques à ceux mesurés depuis la classe G (l'écart médian est d'environ 900 euros à objectif égal). La rénovation performante se comporte comme un forfait : le gros du budget part dans le couple chauffage-murs, quel que soit le point de départ. Le détail par poste est dans Rénovation énergétique : les vrais coûts, audit par audit.

Votre logement est-il vraiment un F ?

La frontière F/E se joue souvent à quelques kWh, et une part des étiquettes repose sur des valeurs par défaut : 39,4 % des murs décrits dans la base sont caractérisés forfaitairement, avec l'hypothèse défavorable en cas de doute. Avant 2028, la première vérification à faire est celle du dossier de calcul lui-même : l'enquête MonsieurDPE la mène gratuitement, à partir du numéro du DPE ou de votre adresse. L'ordre des vérifications est important : d'abord la classe recalculée au coefficient de 2026 pour les F électriques, ensuite les valeurs forfaitaires du dossier, et seulement après, si le F se confirme, le chiffrage des travaux. Engager un chantier sur une étiquette qui pouvait tomber d'elle-même est la dépense la plus évitable de tout le parcours.

Méthodologie et sources

Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).

Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.