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DPE classé C : la note la plus fréquente de France

L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la classe C est la plus fréquente de France : 6 186 734 logements, soit 36,8 % du parc étiqueté, aux trois quarts des appartements. Aucune obligation ne pèse sur les C. Le gaz est leur premier chauffage (45,3 %). D'après les audits réglementaires, passer de C à B coûte 26 164 euros en médiane, et de C à A 26 074 euros : viser A ne coûte pas plus cher que viser B.

La classe C couvre les logements consommant entre 111 et 180 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an (ou entre 12 et 30 kg de CO2 équivalent). C'est la note la plus banale du parc français, et pour cette raison la plus regardée : être C, c'est être dans la norme. Voici ce que la norme contient réellement.

Combien de logements sont classés C en France ?

6 186 734 DPE actifs sont classés C, soit 36,8 % des 16,8 millions de DPE étiquetés : plus d'un logement diagnostiqué sur trois. Fait structurant, le C est une classe d'appartements : 4 826 573 (78 %), contre 1 196 860 maisons. La surface médiane d'un logement C est de 65,5 m². La distribution complète du parc est dans notre radiographie des 17,4 millions de DPE. Une précaution de lecture s'impose toutefois : la base recense des diagnostics, établis surtout à l'occasion des ventes et des locations, pas l'intégralité du parc bâti. Le poids du C mesure donc d'abord ce qui circule sur le marché, où les appartements urbains de taille moyenne sont surreprésentés.

Quel est le profil type d'un logement C ?

  • des appartements d'époques variées : 22 % datent de 1948-1974, mais la construction récente (2013-2021) et le bâti d'avant 1948 rénové y pèsent aussi fortement. Le C est la classe où toutes les générations de bâti se rencontrent ;
  • un chauffage au gaz ou collectif : gaz naturel 2 802 875 (45,3 %), électricité 2 296 315 (37,1 %), réseaux de chaleur 881 615 (14,3 %) ;
  • une étiquette fréquemment plafonnée par le carbone : au gaz, l'échelle des émissions retient beaucoup de logements en C qui seraient B sur la seule échelle énergie (voir les seuils et la double étiquette).

Cette hétérogénéité a une conséquence pratique : deux logements C peuvent avoir des marges de progression très différentes. Un C au gaz plafonné par le carbone ne passera B qu'en changeant d'énergie, quand un C électrique proche du seuil peut basculer sur une simple correction du dossier de calcul.

Un logement C a-t-il des obligations ?

Aucune : ni gel des loyers, ni échéance de location, ni audit à la vente. Le C est aussi, depuis 2025, un seuil de référence pour certains dispositifs d'aide et pour le prêt à taux zéro dans l'ancien avec travaux, où la performance visée s'exprime souvent en « atteindre au moins la classe C ». Être déjà C, c'est être du bon côté de la plupart des barèmes actuels. Deux obligations générales subsistent néanmoins, communes à toutes les classes : l'étiquette doit figurer dans toute annonce de vente ou de location, et le diagnostic doit être valide au moment de la transaction, un DPE n'étant valable que dix ans. Rien, en revanche, ne contraint un propriétaire de C à engager des travaux, ni aujourd'hui ni dans le calendrier connu de la loi Climat et résilience.

Que change 2026 pour les C ?

Peu de chose, et c'est logique : le coefficient de l'électricité aide surtout les classes du bas. Sur 4 774 932 logements comptés C avec le coefficient actuel, 271 028 gagnent une classe au 1er janvier 2026 (5,7 %), presque tous vers B. En revanche, la classe C grossira par le bas : plus d'un million de D électriques la rejoindront à la même date (le détail de la bascule). La classe restera donc la plus peuplée de France après la réforme, et de plus loin encore. Pour un vendeur de C, cela signifie que l'étiquette perdra un peu de son pouvoir de distinction : plus le C devient la norme statistique, plus c'est le contenu du dossier de calcul, et non la lettre seule, qui différencie un bien sur le marché.

Combien coûte le passage de C à B ou A ?

C'est la mesure la plus contre-intuitive des audits réglementaires de la base ADEME : partir de C coûte, en médiane, 26 164 euros pour atteindre B et 26 074 euros pour atteindre A. Les deux objectifs coûtent le même prix. La raison : dès qu'on touche au couple chauffage-enveloppe pour gagner une classe, le bouquet installé (pompe à chaleur, isolation, ventilation) emmène généralement le logement bien au-delà du seuil visé. Le détail par poste est dans Rénovation énergétique : les vrais coûts. Ces montants restent des chiffrages d'auditeurs, pas des factures, et décrivent des scénarios complets : un propriétaire qui ne remplacerait que ses fenêtres, par exemple, dépenserait moins mais ne changerait probablement pas de classe. La leçon des audits est précisément là : gagner une classe depuis C passe par un bouquet cohérent, rarement par un geste isolé.

Votre logement est-il vraiment un C ?

À la frontière du B, chaque valeur du dossier de calcul compte, et 39,4 % des murs de la base sont caractérisés par des valeurs forfaitaires. Un C au dossier approximatif peut cacher un B réel, notamment en copropriété où un quart des DPE d'appartements est généré depuis l'immeuble sans visite du logement. L'enquête MonsieurDPE vérifie gratuitement le dossier de calcul, à partir du numéro du DPE ou de votre adresse. La vérification vaut dans les deux sens : un C optimiste, appuyé sur des hypothèses favorables non justifiées, expose le vendeur, car le DPE est opposable et un acquéreur peut s'en prévaloir. Rouvrir le dossier avant la mise en vente, c'est sécuriser la transaction autant que chercher une meilleure lettre.

Méthodologie et sources

Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).

Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.