MonsieurDPE

DPE classé E : échéance 2034, chiffres réels et marges de progrès

L'essentiel. D'après notre analyse de la base publique ADEME (18 août 2026), la France compte 2 454 704 logements diagnostiqués E, soit 14,6 % du parc étiqueté. Un logement E n'est pas une passoire énergétique, mais il sera interdit de location au 1er janvier 2034. Le gaz est son premier chauffage (43,1 %) devant l'électricité (37,1 %), et 821 639 logements E gagneront une classe au 1er janvier 2026 grâce au nouveau coefficient de l'électricité. D'après les audits réglementaires, amener un E en classe B coûte 41 682 euros en médiane.

La classe E couvre les logements consommant entre 251 et 330 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an (ou entre 51 et 70 kg de CO2 équivalent). Elle occupe une position singulière : ni passoire ni performante, c'est la troisième classe la plus peuplée de France, et la prochaine sur la liste du calendrier de la loi Climat et résilience.

Combien de logements sont classés E en France ?

La base ADEME compte 2 454 704 DPE actifs classés E, soit 14,6 % des 16,8 millions de DPE étiquetés : après les classes C (36,8 %) et D (28,5 %), c'est le troisième contingent du parc. Les appartements y dominent nettement (1 534 390, contre 852 317 maisons), et la surface médiane d'un logement E est de 66,1 m². La photographie complète du parc est dans notre radiographie des 17,4 millions de DPE. Un logement diagnostiqué sur sept est donc un E : la classe pèse plus, à elle seule, que les F et G réunis. C'est ce volume qui donne son importance à l'échéance de 2034, dont le stock concerné dépasse largement celui des passoires actuelles.

Quel est le profil type d'un logement E ?

  • un bâti d'avant 1975 : les périodes avant 1948 et 1948-1974 pèsent chacune environ 42 % des logements E. Le E est typiquement l'immeuble ancien ou le pavillon des Trente Glorieuses, partiellement amélioré mais jamais rénové en profondeur ;
  • un chauffage au gaz ou à l'électricité : le gaz naturel chauffe 1 057 699 logements E (43,1 %), l'électricité 911 496 (37,1 %), les réseaux de chaleur 213 582, le fioul 177 619 ;
  • une étiquette souvent proche du seuil D : beaucoup de E sont à quelques kWh de la classe supérieure, ce qui rend le dossier de calcul décisif.

Contrairement aux F et G, très marqués par le bâti d'avant-guerre et le fioul, le E ressemble davantage à un D dégradé qu'à une passoire atténuée : mêmes époques de construction, mêmes énergies dominantes, simplement moins d'améliorations intermédiaires réalisées au fil des décennies.

Un logement E est-il une passoire énergétique ?

Non. La loi Climat et résilience réserve le terme aux classes F et G. Un logement E se loue librement et n'est pas soumis au gel des loyers. Mais le calendrier le rattrapera : au 1er janvier 2034, les logements E seront à leur tour interdits de location. Et depuis le 1er janvier 2025, la vente d'un logement E impose l'audit énergétique réglementaire, comme pour les F et G. Un achat en classe E aujourd'hui, c'est donc un logement avec une obligation de travaux à horizon de huit ans s'il est destiné à la location.

Le nouveau coefficient 2026 profite-t-il aux E ?

Massivement, et c'est peu commenté. Sur les 2 605 831 logements comptés E avec le coefficient actuel, 821 639 changent de classe au 1er janvier 2026, dont 820 992 passent en D, soit près d'un E sur trois. Ces gagnants sont essentiellement chauffés à l'électricité. Pour eux, l'échéance de 2034 disparaît de l'horizon réglementaire actuel sans travaux. La mesure complète, toutes classes confondues, est dans DPE 2026 : 390 000 passoires reclassées sans travaux. La conséquence pratique est immédiate : un propriétaire de E électrique qui envisagerait des travaux pour échapper à 2034 a intérêt à vérifier d'abord sa classe recalculée, déjà connaissable dans les données publiques, avant de dimensionner le moindre chantier. Les E au gaz ou au fioul, eux, restent pleinement concernés par l'échéance.

Combien coûte le passage de E à une classe performante ?

D'après les audits énergétiques réglementaires de la base ADEME, partir de E coûte, en médiane :

  • 41 682 euros pour atteindre la classe B ;
  • 51 450 euros pour atteindre la classe A.

C'est environ 3 000 à 5 000 euros de moins qu'en partant de F ou de G : le point de départ pèse peu, car une rénovation performante reste un bouquet complet (chauffage, murs, ventilation). Le détail par poste de travaux est dans Rénovation énergétique : les vrais coûts, audit par audit. Précision utile : ces montants sont des chiffrages d'auditeurs sur des scénarios complets, pas des factures acquittées, et se lisent comme un ordre de grandeur de cadrage à confronter à des devis réels.

Votre logement est-il vraiment un E ?

À quelques kWh du seuil D, chaque valeur du dossier de calcul compte. Or 39,4 % des murs décrits dans la base sont caractérisés par une valeur forfaitaire, avec l'hypothèse défavorable en cas de doute : une isolation réelle non justifiée au moment du diagnostic peut suffire à faire basculer l'étiquette. L'enquête MonsieurDPE vérifie gratuitement le dossier de calcul de votre DPE, à partir de son numéro ou de votre adresse. Cette vérification gratuite est le préalable logique à tout projet : elle peut soit lever l'échéance de 2034 sans travaux, soit confirmer l'étiquette et donner alors une base solide pour dimensionner la rénovation au plus juste.

Méthodologie et sources

Chiffres mesurés le 18 août 2026 par interrogation directe de la base des DPE de logements existants et de la base des audits réglementaires de l'observatoire DPE-Audit (ADEME, avec l'appui technique du CSTB), données publiques sur data.ademe.fr. Périmètre : 17 385 011 DPE actifs, hors diagnostics désactivés et dispositif antérieur à juillet 2021. Textes : arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL) et arrêté du 13 août 2025 (coefficient 2026).

Notre démarche complète, jeux de données, définitions et limites, est décrite dans Notre méthode.