Prix du gaz : ce que la hausse du 1er septembre 2026 coûte selon votre DPE
L'essentiel. Le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l'énergie atteint 172,05 €/MWh TTC au 1er septembre 2026, son plus haut niveau historique. Pour le chauffage, le kilowattheure passe de 0,1256 € à 0,13474 € TTC, soit +7,3 %. Nous avons appliqué cette hausse aux 6 664 197 logements chauffés au gaz de la base ADEME. Elle coûte 56 € par an à un logement classé C et 247 € à un classé G : la même hausse en pourcentage, mais 4,4 fois plus en euros. Second constat, moins attendu : le coût annuel imprimé sur un DPE est calculé au prix du gaz de l'année où le diagnostic a été fait, et n'est jamais recalculé. Pour les 2 238 059 DPE au gaz établis avant 2024, ce prix est de 0,0712 €/kWh, soit 89 % en dessous du prix d'aujourd'hui.
Une hausse de prix s'annonce en pourcentage et se paie en euros. Les deux ne disent pas la même chose : 7,3 % sur une facture de chauffage, c'est une somme qui dépend entièrement de la quantité de gaz brûlée, donc de l'état thermique du logement. Nous avons donc regardé, dossier par dossier, ce que cette hausse représente pour chaque étiquette du diagnostic de performance énergétique.
Ce qui change au 1er septembre 2026
La CRE a fixé le 10 août son prix repère de vente de gaz naturel pour septembre. Ce prix n'est pas un tarif réglementé, supprimé en 2023 : c'est une référence mensuelle publiée par le régulateur, sur laquelle environ six millions de foyers ont un contrat indexé.
| Usage | Abonnement | Prix du kWh TTC | Variation |
|---|---|---|---|
| Chauffage (B1) | 360,79 €/an | 0,13474 € | +7,3 % |
| Cuisson et eau chaude (base) | 152,46 €/an | 0,16757 € | +5,75 % |
Tous profils confondus, le prix repère ressort à 172,05 €/MWh TTC, le niveau le plus élevé depuis la création de cet indicateur. Le prix du kWh de chauffage varie de 0,12511 € à 0,15353 € selon la zone tarifaire ; les 0,13474 € retenus ici sont la moyenne de la zone desservie par GRDF.
C'est ce prix du chauffage, et lui seul, que nous appliquons dans la suite.
Combien de logements sont chauffés au gaz en France ?
6 664 197 logements disposant d'un DPE en cours de validité ont le gaz naturel comme énergie de chauffage principale, soit 39,6 % de ceux dont le vecteur est renseigné. Le gaz est le deuxième mode de chauffage du parc diagnostiqué, derrière l'électricité, et l'écart entre les deux est de 3 %.
| Énergie de chauffage principale | Logements | dont passoires (F ou G) |
|---|---|---|
| Électricité | 6 881 524 | 564 987 |
| Gaz naturel | 6 664 197 | 474 476 |
| Réseau de chaleur urbain | 2 024 095 | 49 247 |
| Fioul domestique | 645 174 | 321 356 |
| Bois, bûches | 328 607 | 71 657 |
| Bois, granulés | 159 137 | 7 782 |
| GPL | 89 845 | 12 772 |
Parmi ces logements au gaz, 1 530 883 sont des maisons individuelles et 474 476 sont des passoires énergétiques, classées F ou G. Le gaz porte donc 31,4 % des passoires du pays, ce qui en fait le deuxième vecteur des passoires, là aussi derrière l'électricité, et le premier à partir du 1er janvier 2027 : l'abaissement du coefficient de conversion de l'électricité fera sortir du statut de passoire des logements électriques, pas des logements au gaz. Nous l'avons mesuré dans Passoires thermiques : ce que le 1er janvier 2027 déplace vraiment.
La même hausse, quatre fois plus chère pour une passoire
Voici le cœur du sujet. Pour les 5 433 285 logements dont le chauffage et l'eau chaude sont au gaz, la consommation de gaz se lit directement dans le diagnostic. Il suffit de la multiplier par la hausse du kilowattheure, soit 0,00914 €.
| Étiquette | Logements | Surface médiane | Gaz consommé par an | Coût du surcroît de prix |
|---|---|---|---|---|
| A | 407 | 78 m² | 1 607 kWh | +15 €/an |
| B | 46 138 | 69 m² | 2 866 kWh | +26 €/an |
| C | 2 163 241 | 67 m² | 6 178 kWh | +56 €/an |
| D | 1 830 669 | 68 m² | 11 417 kWh | +104 €/an |
| E | 858 119 | 65 m² | 16 700 kWh | +153 €/an |
| F | 275 998 | 63 m² | 21 684 kWh | +198 €/an |
| G | 84 193 | 57 m² | 27 063 kWh | +247 €/an |
Un logement classé G paie 4,4 fois plus que le même logement classé C, pour une hausse identique en pourcentage. Et il le paie sur une surface plus petite : 57 m² en médiane contre 67 m² pour un C. Ce n'est pas une question de taille de logement, c'est une question d'état thermique.
Le détail vaut d'être noté : la surface médiane baisse quand l'étiquette se dégrade, alors que la consommation, elle, est multipliée par quatre entre C et G. Les passoires au gaz ne sont pas de grands logements mal chauffés, ce sont de petits logements mal isolés.
Le coût affiché sur votre DPE est calculé à un prix qui n'existe plus
Chaque DPE imprime une estimation de la facture annuelle. Cette estimation est calculée avec le prix de l'énergie en vigueur au moment où le diagnostic est établi, et elle n'est jamais recalculée par la suite. Un DPE reste valide dix ans : celui de 2022 affiche donc encore, en 2026, une facture calculée aux prix de 2022.
Nous avons mesuré ce prix implicite. Sur chaque millésime de DPE, la relation entre la consommation de gaz et le coût annoncé est une droite presque parfaite, dont la pente est le prix du kilowattheure retenu au calcul.
| Année du DPE | Logements au gaz | Prix du kWh au calcul | Écart avec septembre 2026 |
|---|---|---|---|
| 2021 | 37 309 | 0,0674 € | +100 % |
| 2022 | 802 552 | 0,0703 € | +92 % |
| 2023 | 1 398 198 | 0,0716 € | +88 % |
| 2024 | 1 475 048 | 0,0885 € | +52 % |
| 2025 | 1 147 238 | 0,1003 € | +34 % |
| 2026 | 572 673 | 0,1039 € | +30 % |
2 238 059 DPE au gaz ont été établis avant 2024, avec un prix moyen de 0,0712 €/kWh. Ils resteront valides jusqu'en 2031, 2032 ou 2033. Le prix repère de septembre 2026 leur est supérieur de 89 %.
Concrètement, pour une passoire classée G consommant 27 063 kWh de gaz par an : son DPE de 2023 valorise cette consommation autour de 1 938 €. Aux 0,13474 € d'aujourd'hui, la même consommation coûte 3 646 €, abonnement non compris de part et d'autre. Un écart de 1 708 € par an, sans qu'un seul kilowattheure de plus ait été consommé.
Ce n'est le tort de personne, et surtout pas du diagnostiqueur : la méthode impose de calculer le coût avec les prix du moment, et aucun mécanisme ne prévoit de rafraîchir cette valeur. Mais un acheteur qui lit « 2 164 € par an » sur un DPE de 2023 et fonde son plan de financement dessus se trompe de près du double.
Pour une passoire au gaz, isoler ne suffit généralement pas
C'est le point que la hausse des prix rend urgent, et qu'on lit rarement. 87,0 % des 474 476 passoires au gaz ont aussi une étiquette climat en F ou G. Or l'étiquette d'un DPE retient la pire des deux échelles, énergie et gaz à effet de serre. Améliorer l'isolation fait baisser la consommation, donc l'échelle énergie, mais elle laisse le contenu carbone du gaz inchangé.
Nous avions mesuré l'effet précisément sur les maisons individuelles : pour 56,5 % des maisons F ou G chauffées au gaz, la contrainte climat est plus exigeante que la contrainte énergie. Pour celles-là, aucune isolation ne fait sortir du statut de passoire ; seul le changement de générateur y parvient. Au fioul, cette proportion monte à 89,3 %.
L'ordre des travaux compte donc autant que leur montant, et il n'est pas le même selon l'énergie de chauffage. C'est exactement ce que notre rapport établit dossier par dossier, et ce que le simulateur d'aides chiffre ensuite.
Où sont les logements chauffés au gaz
Le gaz n'est pas réparti uniformément : il suit le réseau de distribution, donc les zones denses et le nord industriel.
| Département | Logements au gaz | Part du parc diagnostiqué | dont passoires |
|---|---|---|---|
| Nord (59) | 374 434 | 58,9 % | 29 288 |
| Paris (75) | 318 909 | 37,6 % | 51 248 |
| Hauts-de-Seine (92) | 272 119 | 49,0 % | 31 477 |
| Rhône (69) | 242 964 | 44,6 % | 11 926 |
| Seine-Saint-Denis (93) | 210 342 | 45,0 % | 19 196 |
| Pas-de-Calais (62) | 194 424 | 57,9 % | 18 181 |
| Bouches-du-Rhône (13) | 189 005 | 36,5 % | 3 210 |
| Yvelines (78) | 178 884 | 48,4 % | 15 487 |
Le Nord et le Pas-de-Calais sont les deux départements de France où le gaz pèse le plus lourd, avec 58,9 % et 57,9 % du parc diagnostiqué : la hausse y touche près de six logements sur dix. Viennent ensuite le Territoire de Belfort (56,7 %), le Haut-Rhin (55,3 %), la Meurthe-et-Moselle (54,9 %) et la Moselle (54,7 %) : le nord et l'est occupent les six premières places, héritage de la desserte industrielle du réseau.
Paris présente un profil inverse : une part de gaz plus modeste, 37,6 %, mais le plus grand nombre de passoires au gaz du pays, 51 248, soit davantage que le Nord et le Pas-de-Calais réunis. C'est l'effet du bâti haussmannien et d'avant-guerre, très représenté dans les étiquettes F et G.
Que faire si mon logement est chauffé au gaz ?
Trois choses, dans cet ordre, et les deux premières sont gratuites.
Vérifier que le DPE est juste avant d'en tirer des conclusions. Un diagnostic contient des valeurs reprises par défaut chaque fois que le diagnostiqueur n'a pas pu mesurer ou justifier une caractéristique : l'isolation d'un mur, l'année d'un système de ventilation, la performance d'un vitrage. Ces valeurs forfaitaires sont volontairement pénalisantes. Les faire corriger ne coûte rien, et sur un logement assis près d'un seuil, cela suffit parfois à changer la lettre. C'est ce que fait notre rapport gratuit à partir d'une adresse ou d'un numéro ADEME.
Recalculer la facture au prix d'aujourd'hui plutôt que de lire celle du DPE. La consommation en kilowattheures inscrite au diagnostic, elle, reste valable : c'est le prix qui a bougé. Multiplier cette consommation par 0,13474 € donne l'ordre de grandeur réel, hors abonnement.
Traiter le générateur avant l'enveloppe si le logement est classé F ou G. Pour la majorité des passoires au gaz, l'étiquette est verrouillée par le climat, pas par la consommation. Les travaux d'isolation restent utiles pour la facture, mais ils ne feront pas changer la lettre tant que le gaz alimente le chauffage.
Notre méthode, et ses limites
Nous publions la méthode parce qu'un chiffre invérifiable ne vaut rien.
La source. La base publique des DPE de l'ADEME, version du 26 août 2026, restreinte aux DPE de logements en cours de validité, hors DPE 2012 et hors diagnostics remplacés ou désactivés, soit 16 891 112 dossiers. Le vecteur de chauffage principal est renseigné sur 16 834 011 d'entre eux, soit 99,7 % : les parts en pourcentage sont calculées sur cette base, les effectifs sur la base complète. Les prix du gaz proviennent du prix repère de vente publié par la CRE pour septembre 2026.
Le calcul des consommations. La consommation de gaz d'un logement est la somme de sa consommation de chauffage et de sa consommation d'eau chaude en énergie finale, ce qui suppose que ces deux postes soient au gaz. Sur les 6 664 197 logements chauffés au gaz, 5 433 285 sont dans ce cas ; les 1 230 912 autres, dont l'eau chaude est produite autrement, sont écartés faute de pouvoir séparer proprement les deux vecteurs. Le tableau par étiquette porte sur les 5 258 765 d'entre eux dont la classe, la surface et les consommations sont toutes exploitables, soit 96,8 %. Les valeurs publiées sont des médianes, et non des moyennes, que quelques dossiers extrêmes déplaceraient.
Le contrôle d'échelle. Sur 27 % de la base, un appartement est décrit à partir des données de l'immeuble entier, et certains champs y décrivent l'immeuble et non le logement. Nous l'avons vérifié avant de publier : le rapport entre la consommation totale divisée par la surface et la consommation au mètre carré publiée vaut 1,003 sur ces dossiers comme sur les autres. Les consommations utilisées ici sont donc bien à l'échelle du logement.
Le prix implicite du DPE. Il n'est pas lu dans un texte, il est mesuré : sur chaque millésime, nous régressons le coût annoncé sur la consommation annoncée. La pente est le prix du kilowattheure, l'ordonnée à l'origine la part fixe. Les coefficients de détermination s'échelonnent de 0,943 à 0,979, ce qui signifie que la relation est quasi linéaire et le prix bien identifié. C'est cette mesure, et non une hypothèse, qui fonde l'écart de 89 %.
Les limites. Le prix repère de la CRE est un indicateur, pas le prix payé : un contrat à prix fixe, une offre de marché ou une zone tarifaire différente donnent un autre montant, dans une fourchette que nous indiquons plus haut. Les montants annoncés portent sur la consommation seule et ignorent l'abonnement, identique quelle que soit l'étiquette. Enfin, la consommation d'un DPE est une consommation conventionnelle, calculée pour un usage standardisé : elle ne prédit pas la consommation réelle d'un ménage, qui dépend de ses habitudes.
Pour aller plus loin
- Passoires thermiques : ce que le 1er janvier 2027 déplace vraiment
- Combien de passoires thermiques en France ?
- Ce que coûte une rénovation énergétique, mesuré sur la base d'audit
- DPE classé F : ce que cela veut dire et classé G
- Les statistiques DPE de votre département
- Les valeurs reprises par défaut dans un DPE
- Comment contester une valeur de son DPE
Mesures réalisées le 1er septembre 2026 sur la base publique ADEME du 26 août 2026. Prix repère de vente de gaz naturel de la Commission de régulation de l'énergie pour septembre 2026, publié le 10 août 2026.
MonsieurDPE